Les helichryses, de la famille des astéracées, sont des plantes vivaces et on en compte près de 400 espèces dans le monde dont une centaine à Madagascar mais on ne peut pas parler de celles-ci sans évoquer l’hélichryse italienne très connue dont on distingue trois sous espèces principales.
Helicrhysum italicum
Helichrysum italicum ssp italicum présente de la Provence à Chypre mais aussi sur tout le territoire Corse et dans les Balkans.
Helichrysum italicum ssp serotinum présente dans le Languedocet le Nord-Ouest de l’Afrique appelée immortelle tardive.
Helichrysum italicum ssp microphyllum présente sur le littoral Cap Corse , Sardaigne et Crête.
C’est une plante vivace, dressée, rameuse et tomenteuse aux feuilles linéaires étroites de 2 à 3 cm qui pousse sur des sols pauvres et secs. Elle possède des involucres chargées de glandes. Ses akènes sont couverts de petites glandes. La plante fleurit en juin et juillet. Il en existe trois sous espèces principales qui offrent des analyses sensiblement différentes mais dont les propriétés sont voisines.
On compte plus de 150 composants dans son analyse, principalement des esters dont l’acétate de néryle de 30 à 40%, des cétones dont l’italidione de 7 à 14% puis des monoterpènes, des sesquiterpènes et des monoterpénols pour 12 à 37%.
C’est un anti-hématome (bleus, coups), un anti-inflammatoire (douleurs articulaires, tendinites), un cicatrisant (rides, cicatrices, vergetures), et un stimulant microcirculatoire (couperose), elle est utilisée en cosmétique pour ses effets anti-âge et réparateurs.
Elle est recommandée principalement pour le traitement des hématomes et de la microcirculation périphérique ; mon ami le Dr Pénoël l’appelle l’huile essentielle du boxeur.
Helichrysum de Madagascar
A Madagascar nous comptons plus de 100 variétés d’helichryses dont trois principales.
Helichrysum bracteiferum est appelé Hélichryse « mâle » (rambiazina) ou lahy en malgache (male Helichrysum)
Helichrysum gymnocephalum appelé Hélichryse « femme » (rambiazina) ou vavy en malgache (female Helichrysum)
Helichrysum faradifani, ahibalala en malgache
Ce sont des plantes d’altitude qui poussent sur les hauts plateaux de la zone centrale de Madagascar.
Helichrysum Bracteiferum
L’helichrysum bracteiferum, (Hélichryse mâle de Madagascar) pousse sur les hauts plateaux à Madagascar au milieu des rizières en étages. C’est un petit arbuste de 2 mètres de haut. Il a des feuilles lancéolées à trois nervures principales, petites, et avec un duvet brun caractéristique le long des tiges et sur les feuilles. Les fleurs sont regroupées en capitules et d’une jolie couleur jaune d’or. Son huile essentielle est obtenue par distillation à la vapeur d’eau d’une durée de quatre à cinq heures environ. Cette huile essentielle a une robe très claire jaune pâle, elle contient une forte proportion de sesquiterpènes aux propriétés anti inflammatoires. Elle a un parfum frais légèrement eucalyptolé mais complexe ; sa densité à 20°C est de 0,907 et son point éclair est à 52°C ce qui la classe dans les produits dangereux pour le transport
Elle est réputée pour ses puissantes propriétés anti-inflammatoires, cicatrisantes, circulatoires et anti-hématomes, agissant sur les douleurs musculaires, les problèmes de circulation (couperose) et les traumatismes cutanés (bleus, plaies). Elle est aussi utilisée en cosmétique pour la peau (raffermissante, anti-âge, cicatrisante) et traditionnellement à Madagascar contre la fièvre et les rhumatismes, souvent par décoction, pas en huiles essentielles.
Certains auteurs la désignent comme anti-catharale, elle l’est comme toutes les huiles essentielles proposant un peu de cinéol 1.8 mais c’est souvent dû à un mauvaise récolte où les deux helichryses sont collectées et mélangées à la distillation. A l’IMRA où la plupart des huiles essentielles de Madagascar sont analysées on a trouvé des helichryses mâles contenant plus de 40% de cinéol ce qui confirme une récolte non documentée botaniquement. Celle que je produis ne contient pas plus de 15% ce qui confirme la qualité du tri car les plantes se ressemblent assez.
J’ai découvert cette huile essentielle en 1992 et mon correspondant m’avait signalé qu’il l’utilisait avec succès sur des hématomes, des traumatismes, et des douleurs sur lui et sur l’ensemble de ses proches. Je l’ai donc considérée comme un anti-inflammatoire à priori et ce fut confirmé par de nombreuses expériences. Aujourd’hui je l’utilise en lieu et place d’une helichryse italienne et le résultat est bluffant. De nombreux clients l’ont adoptée aussi mais il faut veiller à la qualité de l’analyse pour accorder sa confiance.
Helichrysum gymnocephalum
L’helichryse gymnocephalum appelée helichryse femelles ou rambiazina vavy en malgache, est un arbuste de 2 à 3 mètres de haut très proche de l’helichryse mâle ce qui explique la confusion parfois dans la récolte.
L’huile essentielle contient une majorité d’oxyde cinéole 1.8 tout en restant très douce. Elle possède une odeur camphrée et herbacée. Sa robe est limpide , transparente à jaune pâle, sa densité est de 0,902 à 20°C et son point éclair supérieur à 60°C. c’est une huile précieuse.
Elle est réputée pour ses puissantes propriétés anti infectieuses, expectorantes excellentes pour les infections respiratoires (bronchites, toux) et pour stimuler le système immunitaire. Efficace contre les infections ORL (pharyngites, otites), les problèmes cutanés (dermatoses, cicatrices) et ses effets toniques, analgésiques et neuro-rééquilibrants.
Le cinéole 1.8, appelé aussi eucalyptole se trouve dans de nombreuses espèces botaniques. On en trouve dans les myrtacées comme les eucalyptus ou le niaouli, dans les lamiacées comme le romarin ou la sauge lavandulifolia, dans les lauracées comme le ravintsara, dans les cannellacées comme le saro, et dans les astéracées comme cette helichryse.
Je suis d’avis que cette molécule possède une signature différente en fonction de son espèce ce qui la désigne à des usages particuliers.
Les astéracées sont les plantes les plus évoluées de la création ce qui implique un rapport particulier avec l’homme et une attention particulière pour la partie la plus élevée c’est-à-dire la sphère ORL
Ma première véritable expérience de traitement concerne une dame atteinte de sinusite purulente qui, malgré l’assistance respiratoire pour le sommeil ne pouvait plus s’allonger à cause du mucus refoulé dans sa gorge. Elle avait subi un traitement antibiotique sans effet positif et continuait à dormir assise sans se reposer véritablement.
Je lui ai fait appliquer des l’huile essentielle pure sur la peau du visage (cette huile n’est pas caustique) en friction sur les sinus (frontal, les pommettes, les mâchoires et le cou) plusieurs fois par jour et trois jours plus tard tout le mucus était évacué et elle pouvait à nouveau dormir allongée.
Helichrysum Faradifani
L’helichryse faradifani, appelée en malgache Ahibalala, est une plante très utilisée dans la tradition malgache. Dans notre région on l’appelle aferontany ou aferombohitra (traduction : le fiel de la terre et le fiel de la colline) tellement elle est amère. On s’en sert en tant que cholagogue et cholérétique pour soigner le foie et les reins.
Son huile essentielle, peu connue, laisse poindre l’amertume de la plante et elle a un peu le parfum des bonbons suisses RICOLA. C’est d’autant plus amusant que l’un de mes amis phamacien à Madagascar m’a transmis un doctorat sur cette plante en tant qu’antitussif sur la fabrication d’un sirop. Dans ma clientèle un médecin en France l’utilise pour stimuler le rein. Il y a encore beaucoup à étudier sur cette huile essentielle hors du commun et je n’ai pas encore assez d’expérience sinon de la signaler comme très intéressante.
La tradition malgache utilise la plante pour ses propriétés cicatrisantes, décontracturantes, fébrifuges et antitussives.
Elle est aussi utilisée pour les maux d’estomac, stimuler le foie et la sécrétion digestive. Elle est aussi considérée comme anti-hématome, analgésique antispasmodique et anti-inflammatoire….