L'Association La Mie de Pain

Au cœur de Paris, dans le 13ᵉ arrondissement, se dresse un lieu chargé d’histoire et d’humanité : L’Association de la Mie de Pain. Depuis plus de 130 ans, cette association accueille, réchauffe et redonne espoir à ceux que la vie a laissés au bord du chemin.

Tout a commencé à la fin du XIX siècle avec Paulin Enfert. Voyant
la misère grandissante dans les rues, il rassemble les jeunes du patronage
Saint-Joseph et leur propose un geste simple : offrir un bol de soupe et un
morceau de pain à ceux qui ont faim. De ce geste naît une idée, puis une œuvre
: La Mie de Pain.

Ce nom, à la fois humble et poétique, symbolise tout ce que l’association incarne encore aujourd’hui : la chaleur d’un abri, la main tendue, le réconfort dans le dénuement.

Design sans titre (15)
Photo de Paulin Enfert

Les décennies passent, et La Mie de Pain continue d’accueillir sans distinction. En 1932, elle ouvre Le Refuge, une structure d’hébergement d’urgence pour les hommes sans abri. Un lieu unique à Paris, ouvert 24h/24, où chaque nuit, des centaines de vies trouvent un peu de répit.

Photo de Jean Laffon

Mais au fil du temps, le bâtiment vieillit. Les murs s’usent, les besoins changent. C’est alors qu’un homme, Jean Laffon, décide de lui redonner vie. Engagé depuis son adolescence, bénévole infatigable, il devient président de l’association et lance un projet audacieux : reconstruire entièrement Le Refuge pour offrir un lieu plus digne, plus moderne, plus humain.

Sous sa présidence, les travaux démarrent rue Charles-Fourier, à deux pas du site historique. Pendant des mois, les bénévoles, les architectes et les partenaires unissent leurs forces.

En 2014, le Nouveau Refuge voit le jour. Derrière ses murs sobres et lumineux, on retrouve l’essence de La Mie de Pain : un accueil inconditionnel. Ici, chaque homme est plus qu’un “hébergé”, il est un être humain, accompagné, écouté, respecté.

Peu de temps avant l’inauguration, Jean Laffon s’éteint. Il laisse derrière lui un héritage immense : un lieu vivant, tourné vers l’avenir, où son engagement continue de se transmettre dans chaque geste, chaque regard, chaque repas partagé.

Aujourd’hui, La Mie de Pain n’est plus seulement un abri : c’est un écosystème complet, entièrement tourné vers la sortie de la précarité. Autour du Refuge, l’association a développé une palette d’établissements et de services, tous complémentaires :

– Un centre d’hébergement (377 places)
– Un Foyer de Jeunes Travailleurs (114 places)
– Deux foyers pour femmes (108 places)
– Une halte de nuit pour femmes (15 places)
– Un accueil de jour : près de 200 personnes y trouvent chaque jour chaleur, écoute, hygiène, orientation
– Un réfectoire distribuant 1 000 repas chauds quotidiennement
– Une pension de famille (48 résidents)
– Un pôle d’insertion par l’activité économique, avec 83 salariés
– Une infirmerie assurant plus de 8 200 consultations annuelles

Plus de 1 000 personnes sont ainsi accueillies, nourries, soignées ou hébergées chaque jour.

Et rien de cela ne serait possible sans la force humaine de La Mie de Pain :
500 bénévoles engagés,
200 adhérents,
et 210 salariés, dont 60 en insertion.

À travers ses actions, La Mie de Pain poursuit ses missions :

  • Porter assistance aux personnes en difficulté. Accueillir dans l’urgence, nourrir et héberger de façon inconditionnelle, anonyme et gratuite.
  • Proposer un accompagnement social et aider à retrouver des repères au sein de la société. Réapprendre à vivre avec autrui, à communiquer, à partager… Une relation fondée sur l’écoute réciproque et le respect mutuel, indispensables pour développer la confiance avec les personnes accueillies.
  • Orienter vers une insertion professionnelle réussie et trouver un logement durable. Le travail est souvent la clé de l’insertion et de la stabilisation pour des personnes qui ont connu des périodes d’errance plus ou moins longues.
  • Faire évoluer le regard des autres sur les personnes exclues, parce que personne n’est à l’abri d’un accident de la vie. Être écouté, ne pas se sentir jugé par celui qui vous accueille, permet de retrouver plus vite des repères et de se réinsérer.

Quand on franchit les portes du Refuge, on comprend vite que cette maison n’est pas seulement un lieu d’hébergement. C’est un repère, un refuge, un point de départ.

C’est le symbole d’une promesse tenue depuis plus d’un siècle : qu’aucun homme ne soit condamné à dormir dehors.